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Accueil du site - Documents 2 - Rapport 2010 sur les concours d’entrée à l’Ecole Nationale d’Administration

Professionnaliser les jurys : concours d’entrée de l’ENA 2010 - rapport de la présidente du jury notamment sur la force d’âme des candidats

Alexandre Piraux

Le rapport en pdf

On est toujours surpris de constater qu’à la différence des marchés publics de travaux, de fournitures et de services dont les cahiers des charges comportent obligatoirement des critères et sous-critères d’évaluation formalisés et pondérés parfois jusqu’à l’extrême, les grilles servant à l’évaluation des candidats à recruter ne sont pas communiquées préalablement à ces derniers.

Le principe majeur de transparence et de publicité des actes de l’autorité qui constitue un des fondements du droit européen avec celui de l’égalité de traitement n’est pas de mise en matière de recrutement et notamment lors du concours d’entrée à la toujours prestigieuse Ecole Nationale d’Administration.

Ce très intéressant et courageux rapport de la Présidente du jury Michèle Pappalardo, Conseiller maître à la Cour des comptes et Commissaire générale du développement durable, regrette le fait que le président du jury dispose d’une trop grande marge de manœuvre et propose que la « souveraineté » du jury soit mieux encadrée et guidée par des indications sur les compétences et les qualités recherchées chez les candidats. « Ces éléments devraient être explicitement portés à la connaissance des futurs candidats…. ». Comme le président change chaque année, les exigences peuvent varier chaque année. A défaut de directives de l’« employeur » les jurys des « oraux de recrutement » ont participé à une formation de deux jours pour finaliser leurs critères de choix. Les membres des jurys ont même participé à des exercices de mise en situation (jeux de rôles) pour leur faire mieux appréhender la spécificité de l’exercice pour les candidats mais aussi pour les membres des jurys.

La présidente met particulièrement en exergue dans son rapport le grand conformisme de la plupart des candidats, n’osant pas donner leur avis et étant prêts à en changer dès qu’un contre-argument était présenté. Cette absence de « courage » et de « force d’âme » a souvent eu un impact sur la note de l’entretien oral. Il faut dire que ces deux vertus figuraient dans la grille d’observation du jury …